Biodiversité et zones naturelle

La ville de Gaillard offre un visage que l'on ne soupçonne pas toujours au premier regard : celui d'une commune profondément ancrée dans son environnement naturel.

Gaillard, ville verte

Sur ses 402 hectares de superficie totale, la moitié seulement est urbanisée. L’autre moitié respire encore au rythme des saisons, des rivières et des forêts. Malgré une croissance urbaine soutenue depuis les années 1960, la ville a su préserver son caractère rural, incarné notamment par une vaste plaine maraîchère de plus de 100 hectares qui continue de marquer le paysage communal. Ce patrimoine naturel exceptionnel, la ville ne le doit pas au hasard : elle le défend, l’entretient et le valorise depuis des décennies, avec la conviction que la nature en ville n’est pas un luxe, mais une nécessité.

Une géographie façonnée par les rivières

La situation géographique de Gaillard est l’une des clés de sa richesse naturelle. La commune est établie à la confluence de deux rivières torrentielles aux caractères bien distincts. Au sud, l’Arve, principal cours d’eau du département de la Haute-Savoie, borde la commune sur toute sa longueur. À l’ouest, le Foron dessine la frontière naturelle entre la France et la Suisse. Ces deux rivières ne sont pas de simples lignes bleues sur une carte : elles sont le cœur battant d’écosystèmes remarquables, de véritables corridors biologiques au sein du territoire urbanisé. Les forêts riveraines de l’Arve sont particulièrement étendues, couvrant près de 60 hectares. Elles se déploient en deux grandes entités distinctes : le bois de la Châtelaine en amont et le bois de Vernaz en aval, dont le nom vient du patois local « verne », qui désigne l’aulne, arbre emblématique des bords de rivière.

De la friche à la coulée verte : une reconquête volontaire

Il fut un temps où ces boisements de berge étaient laissés à l’abandon. Comme de nombreux espaces naturels en bord de cours d’eau, ils avaient été envahis pendant des décennies par des dépôts sauvages de toute nature. La reconquête a été progressive, mais déterminée.
Depuis 1980, des politiques volontaristes ont transformé ces espaces dégradés en une véritable coulée verte. Des opérations de nettoyage régulières, baptisées « journées de l’environnement » ou opérations « propreté communale », ont permis d’évacuer les déchets accumulés. Parallèlement, la commune a engagé dès cette époque des acquisitions foncières ciblées sur les parcelles boisées, afin d’en faciliter la gestion durable et d’assurer la préservation de ces continuums écologiques sur le long terme.

Une biodiversité remarquable, reconnue et inventoriée

La valeur écologique de ces milieux est aujourd’hui officiellement reconnue. Les boisements riverains de Gaillard sont répertoriés dans deux inventaires ZNIEFF (zones naturelles d’intérêt écologique, faunistique et floristique) : « l’ensemble fonctionnel de la rivière Arve et de ses annexes », d’une part, et le « complexe d’anciennes gravières et forêts riveraines de l’Arve à la frontière suisse », d’autre part.
Cette reconnaissance n’est pas une simple formalité administrative : elle reflète une biodiversité réelle et foisonnante. La richesse floristique n’est pas en reste. Le cortège végétal est remarquable tant par sa diversité que par son caractère patrimonial.

Des outils juridiques au service de la protection

Consciente de la fragilité de ces milieux, la commune a mobilisé un arsenal de protections réglementaires pour en garantir la pérennité. Depuis 2002, les sites les plus sensibles sont couverts par un Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope (APPB), qui vise à maintenir les conditions nécessaires à la survie des espèces recensées. Les documents d’urbanisme successifs, Plan d’Occupation  des Sols (POS) puis Plan Local d’Urbanisme (PLU), ont systématiquement classé ces espaces en zone naturelle, associée à un classement en Espace boisé classé et en zone paysagère. L’intégration d’un périmètre Natura 2000 et la mise en œuvre d’un Contrat Vert et Bleu ont encore renforcé ce dispositif de protection, en inscrivant ces corridors biologiques dans une logique de territoire élargi.

S'organiser pour préserver : des partenariats actifs

La préservation ne se décrète pas : elle se construit dans la durée, avec des partenaires compétents. La commune travaille en étroite collaboration avec l’Office national des forêts (ONF) pour la gestion de ses forêts. Le Bois de Vernaz, soumis au régime forestier, est ainsi régi par un aménagement forestier révisé tous les quinze ans, dont l’objectif central est la préservation du milieu naturel forestier. Cette approche se traduit concrètement, par exemple, par le maintien de vieux peupliers en chandelles, ces arbres morts sur pied qui constituent de véritables « totems de la biodiversité », offrant gîte et nourriture à une faune spécifique. Les bois communaux sont par ailleurs certifiés PEFC, label garantissant une gestion forestière responsable et durable. Gaillard collabore également avec le Syndicat Mixte d’Aménagement de l’Arve et de ses Affluents (SM3A), notamment depuis sa prise de compétence GEMAPI (gestion des milieux aquatiques et prévention des inondations). Ce partenariat se traduit par des actions concrètes en faveur des rivières et des boisements de berge. Concernant le Foron, un Contrat de rivière transfrontalier a été signé dès 2004 avec le canton de Genève, prévoyant notamment l’aménagement de cheminements piétons le long des berges, autant d’itinéraires de promenade permettant de découvrir la faune et la flore de cet espace frontalier singulier.

Le Syndicat Mixte d’Aménagement de l’Arve et de ses Affluents (SM3A) situé à Saint-Pierre-en-Faucigny est une structure publique chargée de faciliter l’action des collectivités du bassin versant de l’Arve. Il assure pour les 93 communes regroupées en 13 intercommunalités la gestion de leurs cours d’eau.
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